Croissance ou valeur en 2018?

Les titres technologiques, qui ont dégagé des gains solides en 2017, ont continué à montrer la voie en 2018. L’enthousiasme à l’égard des actions de croissance n’est toutefois plus ce qu’il était. Le rendement de l’indice VIX au mois de février a rappelé aux investisseurs que les gains des actions ne sont pas sans risque 1. Par ailleurs, malgré le rendement des marchés plus volatils, la tendance haussière privilégiait toujours les actions de croissance. Les titres du secteur des technologies de l’information ont affiché les résultats les plus remarquables depuis le début de l’année, l’indice Nasdaq ayant progressé de 6,4 %, comparativement à 1,47 % pour l’indice général S&P 5002,3. Le moment est-il pour autant venu pour eux de céder la place à un autre chef de file susceptible de guider ce marché vers de nouveaux sommets?

Une partie de l’argumentation en faveur d’un changement de leadership dans ce secteur repose sur la doctrine des cycles économiques. En effet, la théorie économique générale suggère que durant la phase du milieu d’une expansion économique, que nous définissons comme une période où les taux d’inflation, d’intérêt et d’utilisation des capacités sont modérés, les actions d’entreprises des secteurs des matières premières et des technologies – aussi appelées actions de croissance – ont tendance à dégager d’excellents résultats. Dans l’ensemble, cela s’est avéré dernièrement, les titres liés aux matières premières ayant affiché une belle remontée en 2016 et l’expansion des titres technologiques ayant été remarquable au cours des dernières années. Pendant la dernière phase du cycle, définie comme une période de hausse des taux d’intérêt et d’aplatissement de la courbe des taux, les sociétés d’énergie et de services, notamment les entreprises de services financiers, ont par le passé été fort rentables4. Les actions de ces secteurs sont habituellement qualifiées de titres de valeur. Les tendances récentes semblent indiquer que nous quittons la phase du milieu du cycle et amorçons la dernière phase, ce qui pourrait en partie expliquer la volatilité affichée par l’ensemble des marchés boursiers en février.

Les prévisions de croissance des bénéfices pour 2018 étayent l’argument que nous pourrions déjà être à la fin de la phase du milieu du cycle et sur le point d’amorcer la dernière. Bien que le consensus qui se dégage au sujet de la croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 soit un stupéfiant 17 %, les secteurs qui devraient mener le peloton de tête sont ceux de l’énergie, des matières premières, des technologies de l’information et des services financiers. Chose intéressante, c’est dans le secteur de l’énergie que le changement le plus important au chapitre des prévisions de croissance des bénéfices par rapport à la même période l’an dernier a été observé; ce secteur est réputé pour savoir tirer son épingle du jeu au début de la dernière phase d’une reprise économique. Après la remontée des prix du pétrole brut, mesurés par les prix de référence West Texas Intermediary (WTI), les bénéfices des 11 sous-secteurs combinés devraient augmenter de 82,3 % en 20185, ce qui pourrait se traduire par des gains attrayants pour les investisseurs patients.

La situation avantageuse dont certaines des plus grandes sociétés de technologie américaines ont pu se prévaloir est un autre facteur à prendre en compte. Les titres d’Apple, de Microsoft, de Facebook, d’Amazon et de Google ont représenté le quart du rendement de l’indice S&P 500 en 2017. Ces entreprises ont réussi avec brio à faire croître leurs activités un peu partout dans le monde, la croissance de leurs bénéfices témoignant de leur succès à ce chapitre. Ce facteur n’a pas échappé aux gouvernements à l’extérieur des États-Unis, certains pays songeant même à prendre des mesures pour obtenir leur part des recettes fiscales. Plusieurs États membres de l’Union européenne (UE) mènent en effet des batailles juridiques avec ces entreprises. Ils affirment que les entreprises mondiales de technologie paient moins de la moitié des impôts que les entreprises physiques traditionnelles de l’Union européenne, mais participent tout de même impunément à leurs marchés6,7. Les situations de cette nature tendent à survenir lorsque les secteurs affichent de bons résultats et sont rarement avantageux pour les actionnaires tant qu’elles ne sont pas résolues. Nous n’avons pas besoin de revenir bien loin dans le passé pour nous rappeler les hausses de redevances imposées aux sociétés énergétiques en l’Alberta en 2007, alors que le prix du pétrole WTI atteignait des sommets historiques8.

Tout bien considéré, étant donné la poussée de croissance des bénéfices dans différents secteurs, en plus de la réforme fiscale votée récemment, le marché boursier américain devrait produire des gains pour les investisseurs en 2018. Une fois que les nouveaux chefs de file compatibles avec le cycle de marché émergeront, la patience et la discipline des investisseurs pourraient être richement récompensées.

1 https://seekingalpha.com/article/4144413-vix-traders-see-feb-returns-plus-30-percent-minus-95-percent (en anglais seulement) 2 http://quotes.wsj.com/index/COMP?mod=mdc_uss_dtabnk (en anglais seulement) 3 http://quotes.wsj.com/index/SPX?mod=mdc_uss_dtabnk (en anglais seulement) 4 http://www.aaii.com/journal/article/stocks-and-the-economic-cycle-what-performs-well-and-when.pdf (en anglais seulement) 5 https://insight.factset.com/hubfs/Resources%20Section/Research%20Desk/Earnings%20Insight/EarningsInsight_031618A.pdf (en anglais seulement) 6 https://www.upi.com/Top_News/World-News/2017/09/21/EU-threatens-to-make-US-tech-companies-pay-higher-taxes/4171506007701/ (en anglais seulement) 7 https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-03-20/morneau-says-canada-will-study-issue-of-taxing-technology-giants (en anglais seulement) 8 http://www.cbc.ca/news/canada/calgary/alberta-increases-royalties-charged-to-energy-companies-1.649434 (en anglais seulement)

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Marc Bellefeuille, MBA, CFA

Marc Bellefeuille, MBA, CFA, 

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