Les bots – l’avenir, et l’ici et maintenant

Dans un monde où pullulent les appareils modernes conçus pour simplifier la vie, l’idée que mon téléphone intelligent savait que je serais à bord du vol de 7 h 55 ce matin et qu’il m’a par conséquent indiqué les conditions météorologiques de la ville de Québec, où j’allais atterrir sous peu, me laisse parfois perplexe. Comment savait-il également qu’il serait pertinent de m’envoyer une alerte pour m’informer du meilleur trajet à prendre pour rentrer chez moi hier soir tout juste comme je m’apprêtais à quitter le bureau?

Le fait est que des entreprises, comme Apple et Google, ainsi que d’autres développeurs de plateformes, ont intégré des « bots » à leurs logiciels. Ces programmes logiciels sont mis au point pour effectuer des tâches d’ordinaire hautement répétitives beaucoup plus rapidement que pourrait le faire un humain1.

Contrairement à ce que prétendent certains théoriciens du complot, ils ne sont pas installés sur votre appareil pour vous espionner, même si c’est parfois l’impression qu’on peut avoir. Ils sont plutôt programmés pour observer vos habitudes de vie, puis vous offrir une aide que vous pourriez trouver précieuse2.

L’emploi des bots et leurs différentes applications dans notre quotidien augmentent. Ils interviennent dans nos interactions à quantité de chapitres et gagnent en ingéniosité à mesure que nous les apprivoisons. Récemment, aux États-Unis, un concessionnaire automobile a commencé à utiliser ces automates intelligents pour accomplir tâches comme répondre à des questions de clients posées par clavardage. Les échanges routiniers, comme la prise de rendez-vous pour un client, font totalement partie de l’univers des possibilités pour les bots actuels. À dire vrai, dans bon nombre des cas, les clients ne se doutent même pas qu’ils parlent avec un programme. Les percées dans le traitement du langage naturel et les domaines en vogue tels que l’« apprentissage machine » permettent la communication entre humains de messages de plus en plus complexes par l’intermédiaire des programmes d’intelligence artificielle. Des clients ont même invité le bot à un sortir durant leur conversation. D’autres encore se sont présentés au point de vente pour rencontrer « Holly ». Le superviseur d’Holly a évidemment dû gérer ces situations avec tact3.

Les bots se taillent aussi une place dans la sphère des services financiers et celle de la gestion de patrimoine. Les conseillers-robots connaissent une montée ces dernières années. Pour l’heure, ils ne représentent qu’une fraction de l’industrie; cependant, leur essor est tout simplement remarquable. En fait, d’après BI Intelligence, les conseillers-robots géreront environ 1 000 milliards de dollars d’ici 20204.

Déjà, ils sont en mesure de rééquilibrer des portefeuilles en fonction de paramètres programmés, tout comme ils peuvent opérer des modifications tactiques pour saisir des occasions perçues sur le marché. Ces fonctionnalités dépendent toutefois largement de l’apport des programmeurs et de leur idéologie face au marché puisqu’ils définissent les paramètres qui régissent la plateforme du conseiller-robot. Il s’agit de plateformes hybrides humain-robot5.

Pour les sociétés qui investissent dans cette technologie, la poussée des bots et leur emploi ont des avantages nets : réductions des coûts et gains d’efficacité. Elles s’en servent stratégiquement pour automatiser les tâches peu rentables et ainsi libérer leurs employés, qui peuvent dès lors se concentrer sur des tâches plus lucratives. Prenons l’exemple d’un gestionnaire de portefeuille dont le travail consistait à rééquilibrer quotidiennement le portefeuille placé sous sa responsabilité et à analyser les marchés pour prévoir les changements tactiques porteurs d’un avantage stratégique. Il pourrait céder ses tâches à un conseiller-robot.

Un peu dans la même idée que la théorie économique de l’avantage comparatif, cette stratégie peut lui permettre de passer plus de temps à étudier les effets des opérations dans le modèle actuel selon les paramètres codés dans la plateforme du conseiller-robot pour en déterminer les forces et les faiblesses. Cette association humain-bot a le potentiel d’aboutir à la prise de meilleures décisions en matière d’opérations. En outre, le gestionnaire humain fait contrepoids au logiciel, qu’il supervise. Les paramètres du programme peuvent donc être raffinés et se traduire par de meilleurs résultats pour les clients.

L’essor des bots et leurs perspectives d’emploi semblent presque illimités à ce stade. Bien que cette possibilité soit emballante, certains théorisent sur les répercussions et l’effritement potentiel de l’emploi occasionnés par l’automatisation de plus en plus de postes. À la prochaine séance, nous examinerons l’incidence de l’intelligence artificielle sur le marché de l’emploi et l’économie de l’intelligence artificielle en général.

1 https://en.wikipedia.org/wiki/Internet_bot 2 http://customerthink.com/why-ai-machine-learning-and-bots-better-experiences/ 3 https://www.cnbc.com/2017/07/14/these-ai-bots-are-so-believable-they-get-more-dates-than-you.html 4 http://www.businessinsider.com/the-evolution-of-robo-advising-report-2017-7 5 https://www.cnbc.com/2017/03/14/charles-schwab-launches-hybrid-human-robo-financial-advice.html

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Marc Bellefeuille, MBA, CFA

Marc Bellefeuille, MBA, CFA, 

Conseiller en placement principal

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