Dix ans plus tard, devrions-nous nous inquiéter?

Pour ceux d’entre nous qui œuvrent dans le secteur financier, et en fait pour tous les investisseurs, le 15 septembre a marqué une étape importante. Il y a dix ans, Lehman Brothers est devenue insolvable et a fermé ses portes, signalant une faiblesse accrue du système financier mondial et son effondrement potentiel.

Nous savons tous qu’elle a été la suite des choses et, bien que douloureux, les mesures mises en œuvre par Ben Bernanke et ses homologues ont permis d’endiguer l’hémorragie et de stabiliser l’économie. L’assouplissement quantitatif a conduit à ce qui est maintenant le plus long marché haussier des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale et le deuxième plus long cycle économique depuis 1945.

Aujourd’hui, les préoccupations commerciales et la volatilité des marchés demeurent au centre des préoccupations des investisseurs. Les gros titres dans la presse mettent en garde contre une correction imminente du marché, tandis que la Fed poursuit ses hausses progressives des taux d’intérêt. Ce marché haussier mourra-t-il de sa belle mort?

Bien qu’il s’agisse du deuxième plus long cycle économique des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale, la reprise après la crise financière mondiale de 2008 a été exceptionnellement lente par rapport aux reprises des récessions précédentes. Aux États-Unis, le PIB réel a dépassé le PIB potentiel l’an dernier, ce qui signifie que l’économie n’avait aucune capacité excédentaire pour la première fois en plus d’une décennie. Les bénéfices des sociétés continuent d’être solides d’un exercice à l’autre.

Si l’on examine le baromètre économique global, l’économie mondiale repose sur des bases solides et a encore de la marge pour croître. Les marchés du travail sont forts sur les marchés développés et les salaires augmentent lentement.

Aux États-Unis, nous observons des marchés vigoureux et des niveaux d’emploi solides; ce n’est que maintenant que nous voyons des signes de pressions salariales : l’inflation, même si elle n’est pas importante, augmente lentement. Au Canada, nous n’avons pas encore renoué avec l’époque enivrante des marchés stimulés par les ressources naturelles. Bien que les services financiers continuent d’être performants, le marché canadien en général est resté à la traîne à l’échelle mondiale. Le Canada n’a pas encore démontré de gains d’efficience ou une capacité à commercialiser ses actifs, tandis que les Américains sont devenus le plus grand producteur de pétrole au monde.

Cela signifie-t-il que vous devriez éviter le marché canadien au sein de votre portefeuille? Je dirais que ce n’est pas le cas, pour deux raisons. Premièrement, vous devriez détenir des actifs de la région où se trouvent vos passifs. Si vous résidez au Canada, vous avez donc besoin d’actifs canadiens, y compris des dollars canadiens, pour assurer vos frais de subsistance.

Deuxièmement, il existe des occasions sur tous les marchés qui exigent que vous ne vous intéressiez pas seulement à la devise, mais aussi aux données fondamentales de l’entreprise dans laquelle vous investissez. Le marché canadien est concentré dans les secteurs de l’énergie, des services financiers et des matières premières. Or, certaines entreprises de ces secteurs sont des chefs de file mondiaux.

Le marché canadien n’est peut-être pas en mesure d’encaisser la totalité des hausses du marché, mais la protection contre les baisses est ce sur quoi nous nous concentrons à ce stade-ci du cycle économique. Nos décisions en matière de composition de l’actif et de sélection de sociétés de qualité positionnent nos portefeuilles de sorte qu’ils soient protégés contre les baisses.

Il est certain qu’il y aura une autre correction du marché, bien qu’à ce stade, il n’y ait aucune raison de croire qu’elle sera aussi abrupte ou aussi prononcée qu’en 2008. La prochaine correction ne se fera peut-être pas rapidement, mais elle se profile à l’horizon. Il est donc essentiel de s’y préparer et de jeter des bases solides.

Bien que l’épisode Lehman Brothers soit loin dans le rétroviseur, nous devons être conscients des risques et veiller à ce que les portefeuilles soient gérés de manière à les atténuer, tout en veillant à ce que la politique de placement de nos clients soit conforme à leurs attentes et leur tolérance au risque.

Veuillez vous adresser à votre conseiller en placement si vous avez des préoccupations au sujet de la composition de votre actif ou de l’ensemble de votre portefeuille.

Je vous souhaite un beau congé de l’Action de grâces et une belle saison automnale.

 

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Glen Brown

Glen Brown, 

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