Pourquoi sommes-nous réticents à nous préoccuper de notre testament et de notre planification successorale?

En ce monde rien n’est certain, à part la mort et les impôts. Les Canadiens cherchent souvent des façons de réduire leurs impôts. Pourtant, bon nombre d’entre eux n’ont pas de testament à jour.

D’après un sondage mené par l’Angus Reid Institute le 23 janvier 2018, la moitié des Canadiens (51 %) n’ont pas de testament en vigueur. En d’autres mots, l’héritage d’un Canadien sur deux sera administré conformément aux lois provinciales sur les successions non testamentaires. De plus, parmi ceux qui disposent d’un testament, seulement un tiers (35 %) en possède un à jour. Ce manque de rigueur à l’égard de leur testament peut entraîner des litiges successoraux ou une distribution de la succession qui ne correspond pas à leurs volontés actuelles.

Alors, pourquoi les Canadiens n’ont-ils pas écrit de testament? Voici les principales raisons selon le sondage Angus Reid mené en 2018 :

  1. Trop jeunes pour s’en préoccuper (25 %)
  2. N’ont pas suffisamment d’actifs pour qu’un testament vaille la peine (23 %)
  3. Faire rédiger un testament coûte trop cher (18 %)
  4. Ne veulent pas penser à leur mort (8 %)
  5. Faire établir un testament prend trop de temps (5 %)

Examinons les raisons et les biais sous-jacents possibles qui expliquent pourquoi près des deux tiers des Canadiens n’ont pas de testament à jour.

1. Trop jeunes pour s’en préoccuper.

Cette raison laisse supposer que seules les personnes âgées meurent. Or, nous savons que c’est faux, car les jeunes meurent aussi, quoique moins fréquemment que les personnes âgées. Alors, la véritable explication est-elle qu’ils ne veulent tout simplement pas penser à la mort?

2. N’ont pas suffisamment d’actifs pour qu’un testament vaille la peine.

Quelle est la vraie raison cachée pour ne pas faire rédiger son testament?

Même si le montant des avoirs est une considération, la personne peut aussi avoir des personnes à charge, ce qui signifie que si elle décède sans testament, ses héritiers devront consacrer du temps et de l’argent pour s’adresser aux tribunaux afin de pouvoir administrer sa succession. Qui plus est, les retards et les coûts additionnels liés au règlement de la succession réduiront encore davantage les actifs répartis entre les héritiers.

N’oubliez pas non plus que les testaments sont rédigés en prévision d’être utilisés plus tard, idéalement dans de nombreuses années. Donc, des avoirs nets modestes aujourd’hui peuvent devenir plus importants à l’avenir. Pensons, par exemple, à l’incidence de l’augmentation des prix des maisons au cours des deux dernières années. Selon un communiqué de presse publié en février par l’Association canadienne de l’immeuble, le prix moyen réel (non désaisonnalisé) des propriétés à l’échelle nationale était de 748 450 $ en janvier 2022, en hausse de 21 % par rapport au même mois l’an dernier. Si on exclut les marchés du Grand Vancouver et de la région du Grand Toronto en janvier 2022, le prix moyen national baisse de près de 160 000 $. Autrement dit, une personne ayant sa maison pour seul actif peut disposer d’un patrimoine d’une valeur allant de 500 000 $ à non loin de plus de 750 000 $. On ne parle dès lors plus d’une petite succession.

3. Faire rédiger un testament coûte trop cher.

Certes, faire rédiger un testament exige des sous, mais est-ce bien la vraie raison? Se peut-il que la personne ne voie aucun intérêt à établir un testament, que la notion soit tout simplement trop éloignée de sa réalité pour qu’elle en comprenne la valeur? La crainte de faire face à sa propre mortalité pourrait aussi s’ajouter à cette raison.

Examinons la raison invoquée : un coût trop élevé. La somme à débourser pour faire établir un testament et une procuration par un avocat ou un notaire varie de plusieurs centaines de dollars à plusieurs milliers de dollars selon la complexité de la situation. Les honoraires peuvent être fixes ou facturés à l’heure.

Quels sont les coûts réels des démarches associées à une succession en l’absence d’un testament ou d’un testament traitant adéquatement de l’ensemble de l’héritage ou des héritiers du défunt? Sans porter tout spécialement sur les litiges successoraux, les renseignements ci-après, tirés d’une étude réalisée en 2017, nous éclairent sur le coût des litiges de nature peu ou très conflictuelle habituels en droit de la famille. Dans le cas de situations peu conflictuelles, la facture moyenne s’élevait à 12 395 $ (de 2 000 $ à 75 000 $), comparativement à 54 390 $ (de 5 000 $ à 625 000 $) dans le cas de conflits importants.

4. Ne veulent pas penser à leur mort.

Je trouve étonnant que seulement 8 % aient choisi cette réponse; je croyais qu’elle serait beaucoup plus populaire. Des clients m’ont déjà dit qu’ils préféreraient se faire faire un traitement de canal plutôt que de me rencontrer pour discuter de planification successorale! Une autre conception s’entremêle à celle-ci, soit que rédiger son testament causera son décès. Je n’ai pas de statistiques à l’appui; néanmoins, je ne crois pas qu’il y ait de corrélation entre les deux, sauf lorsqu’une personne en phase terminale fait établir ou mettre à jour son testament.

5. Faire établir un testament prend trop de temps.

Certes, la rédaction d’un testament demande du temps; toutefois, selon mon expérience, ce sont les conflits non résolus ou le report des décisions qui font qu’elle s’étire en longueur. Ces désaccords pourraient prendre la forme de divergences d’opinions dans le couple quant à la façon de traiter les enfants en vertu du testament (p. ex. : « Pouvons-nous faire confiance à notre enfant et lui léguer l’héritage comme un don pur et simple ou les fonds devraient-ils être détenus en fiducie? »). Il est possible que les célibataires peinent à désigner des bénéficiaires et à gérer les attentes des membres de leur famille qui estiment avoir droit à leur héritage.

En résumé, les Canadiens qui n’ont pas de testament à jour semblent avoir une abondance d’excuses pour fermer les yeux sur la nécessité d’écrire un testament, un élément pourtant fondamental de leur plan financier et successoral. Curieusement, le sondage ne tentait pas de jeter la lumière sur les certitudes ou les craintes cachées contredisant les raisons susmentionnées.

Vu les raisons sous-jacentes qui freinent la planification successorale en retardant la rédaction d’un testament, que se passerait-il si nous envisagions la planification successorale sous un autre angle?

Disons-nous que la planification successorale n’est pas que « le testament ». Percevons-la plutôt comme un ensemble interrelié de documents et de stratégies juridiques, de relations humaines, de contrats et de considérations économiques, qui peuvent être influencés par des facteurs et des influences internes et externes.

Dans cette optique plus large, voici d’autres questions à se poser :

  • Et si nous repensions la planification successorale et y voyions une merveilleuse façon de témoigner de notre amour et de notre bienveillance envers notre famille, nos amis et notre collectivité?
  • Et si nous considérions la planification successorale comme un outil de gestion des risques faisant partie intégrante du bien-être financier et familial?
  • Et si nous nous servions de la planification successorale non seulement en vue de léguer nos biens successoraux à nos héritiers, mais aussi pour préparer et outiller ces derniers en prévision de leur héritage?

Sur quoi portera la suite?

Dans le prochain volet, je poursuivrai sur le même thème, présentant d’autres idées pour aborder la planification successorale sous un angle différent, et je m’attarderai aux conséquences que peut entraîner le fait de ne pas avoir de testament ou de procurations relatives aux biens et aux soins.

Entre-temps, n’hésitez pas à communiquer avec votre représentant de Gestion privée Manuvie si vous souhaitez discuter plus en détail de votre situation personnelle avec moi.

1 « What ‘will’ happen with your assets? Half of Canadian adults say they don’t have a last will and testament », 28 janvier 2018. 2 Communiqué de presse du 15 février 2022 de l’Association canadienne de l’immeuble (ACI) sur les statistiques nationales sur le marché du logement. 3 Joanne J. Paetsch, Lorne D. Bertrand et John-Paul Boyd, « An Evaluation of the Cost of Family Law Disputes : Measuring the Cost Implication of Various Dispute Resolution Methods », Forum canadien sur la justice civile, 2018 CanLIIDocs 11070, p. 48. 4 Timothy J. Belber, Ian McDermott et John A. Warnick, « Innovate or Die – The three big disrupters affecting the future of Estate Planning lawyers », Trusts & Estates Journal, septembre 2017.. 5 Ibid.

Une crise sanitaire généralisée, comme une pandémie mondiale, pourrait entraîner une forte volatilité des marchés, la suspension et la fermeture des opérations de change, et affecter le rendement du portefeuille. La nouvelle maladie à coronavirus (COVID-19), par exemple, perturbe considérablement les activités commerciales à l’échelle mondiale. Les répercussions d’une crise sanitaire, ainsi que d’autres épidémies et pandémies susceptibles de survenir à l’avenir, pourraient avoir des conséquences sur l’économie mondiale qui ne sont pas nécessairement prévisibles à l’heure actuelle. Une crise sanitaire peut exacerber d’autres risques politiques, sociaux et économiques préexistants. Cela pourrait nuire au rendement du portefeuille, ce qui entraînerait des pertes sur votre placement.

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Carol Foley

Carol Foley, 

Planificatrice fiscale et successorale

Gestion privée Manuvie

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