Pénurie alimentaire et insécurité énergétique : évaluation des risques associés aux facteurs ESG des dettes souveraines dans le cadre du conflit entre la Russie et l’Ukraine

Le conflit en Ukraine restera longtemps dans les mémoires, avant tout pour son lourd bilan humain. On se souviendra également de cette guerre pour avoir provoqué une grave pénurie de produits agricoles et une forte volatilité sur les marchés de l’énergie, qui ont érodé la stabilité géopolitique et menacé de compromettre l’effort mondial de lutte contre le changement climatique. Environ huit mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, nous dressons le bilan des risques associés aux facteurs ESG et présentons un bref aperçu de la future reconstruction de l’Ukraine.

Points à retenir

  • L’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine et son incidence sur les produits énergétiques et agricoles de base ont provoqué d’importantes perturbations économiques mondiales, qui devraient encore perdurer quelque temps. À terme, il faudra déployer un effort massif d’aide à la reconstruction et au rétablissement de l’Ukraine et donner aux marchés des capitaux la possibilité de renforcer ce soutien.
  • En ce qui concerne les risques associés aux facteurs sociaux, la lenteur de la Russie à libérer les produits agricoles ukrainiens a conduit à une pénurie alimentaire généralisée. En effet, l’augmentation du coût des denrées alimentaires a accentué les écarts de richesse et exacerbé les inégalités sociales, non seulement en Ukraine et dans les pays voisins d’Europe de l’Est, mais aussi en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
  • Nous pensons que ces événements sont susceptibles d’aggraver les risques associés aux facteurs géopolitiques et sociaux, en entraînant une plus grande instabilité politique et une exacerbation des mouvements de migration massive à même de déclencher des bouleversements économiques et sociopolitiques de second ordre en Europe.
  • À court terme, le conflit nuit à la course mondiale à la décarbonation. Cependant, à plus long terme, nous pensons qu’il aura permis d’accélérer la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, notamment dans la mesure où l’Europe cherche aujourd’hui à réduire sa dépendance à l’égard des exportations énergétiques russes.

Après le conflit, le rétablissement

Quelle que soit la durée du conflit en Ukraine, nous pensons que ses répercussions se feront sentir pendant des années, tant sur les marchés mondiaux des produits de base que sur les régimes politiques et sur les infrastructures sociales. Certaines villes récemment détruites ont entamé un timide retour à une vie un peu plus normale, alors qu’elles procèdent à des rénovations d’urgence pour affronter l’hiver qui approche à grands pas. Le soutien des pays occidentaux, notamment l’engagement de dizaines de pays souverains à appuyer une reconstruction complète de l’infrastructure économique de l’Ukraine, débouchera – rapidement, espérons-le – sur une feuille de route détaillée, visant à assurer le financement des efforts de rétablissement à long terme (en anglais seulement).

Le coût de la reconstruction de l’Ukraine a récemment été estimé à 350 milliards de dollars (en anglais seulement). Nous ignorons évidemment encore quel sera le montant définitif, d’autant plus qu’il est difficile de prévoir la durée de cette guerre et que l’étendue des dommages causés aux infrastructures civiles n’est pas encore connue. Nous sommes d’avis que cette reconstruction à grande échelle se traduira par des garanties, des subventions et des prêts à long terme provenant de larges réserves de capitaux mondiaux, soutenus par les pays du G7 et des organisations supranationales.

La conférence à venir sur le rétablissement, la reconstruction et la modernisation de l’Ukraine devrait permettre de clarifier le mode de financement de cette tâche. La participation d’organisations supranationales telles que la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), pour n’en citer que quelques-unes, est également à prévoir sous une forme qui reste à préciser. Enfin, la participation du secteur privé représente un soutien auxiliaire susceptible de canaliser les fonds nécessaires à la reconstruction d’une Ukraine « meilleure » et plus résiliente. Cela permettra aux investisseurs en titres à revenu fixe de répartir le capital selon les besoins.

Les bouleversements majeurs renforcent l’importance et la nécessité de porter un jugement actif

Un événement hautement perturbateur tel que le conflit en Ukraine pose pour le moins des difficultés en matière d’analyse de crédit. Compte tenu des bouleversements considérables qu’elle a entraînés sur l’économie et sur les marchés de l’agriculture et de l’énergie, la guerre échappe pour l’instant aux dimensions systématiques et axées sur les données de notre modèle de facteurs ESG pour les dettes souveraines, du moins jusqu’à ce que les données finissent par refléter chaque indicateur et que nous puissions réévaluer les répercussions du conflit. Néanmoins, alors que les conséquences sociopolitiques et environnementales continuent de s’aggraver, le fait d’avoir une idée de l’orientation probable des données ESG nous permet de faire deux prévisions générales en toute confiance : l’une pour les conséquences de la pénurie alimentaire et l’autre pour celles de l’insécurité énergétique relative aux combustibles fossiles.

L’Ukraine est réputée pour être le grenier à blé du monde. La Russie est également un grand exportateur de céréales. Les blocages des ports ukrainiens par la Russie ont toutefois interrompu les exportations de céréales pendant des mois jusqu’à ce que la Russie convienne avec l’Ukraine, cet été, sous les auspices de la Turquie, de débloquer lentement les exportations agricoles ukrainiennes destinées au reste du monde. En outre, la Russie – et la Biélorussie dans une moindre mesure – se taille la part du lion en matière d’exportations mondiales d’engrais, ce qui met en péril les récoltes futures, déjà en proie aux perturbations mondiales actuelles.

Cette volatilité de l’approvisionnement en céréales a provoqué – et continuera probablement à exacerber – une pénurie et une insécurité alimentaires à long terme touchant des millions de personnes, ce qui pourrait intensifier les crises migratoires et générer d’autres risques géopolitiques. Les conditions météorologiques extrêmes causées par le changement climatique ne feront qu’aggraver le tableau déjà sombre qui se dessine pour le secteur agricole.

En outre, le conflit accélérera ou retardera l’adoption de carburants de substitution à faible teneur en carbone, qui sont nécessaires pour lutter contre le changement climatique à l’échelle mondiale. Cela revêt une importance existentielle, avant tout pour les dizaines de millions de personnes qui pourraient être déplacées et exposées à des risques extrêmes à la suite de ce conflit. Dans ce contexte tumultueux, il va de soi que la situation présentera également un enjeu considérable pour les États souverains, notamment en ce qui concerne les perspectives de croissance dans un contexte d’insécurité énergétique, les tendances démographiques, ainsi que la liquidité globale et la capacité d’investissement des marchés de la dette.

1 Les risques associés aux facteurs sociaux de ce conflit vont continuer à transformer le paysage géopolitique

La pire crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale

Au début du mois d’août 2022, plus de 12 millions de personnes en Ukraine, soit près d’un tiers de la population du pays, avaient été déplacées. Cet exode a été qualifié de pire crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale (en anglais seulement). Parmi ces réfugiés, plus de six millions, principalement des femmes et des enfants, ont fui précipitamment vers les pays voisins, en particulier la Pologne, mais aussi la Lettonie, la Moldavie, la Roumanie, la Slovaquie, la Hongrie, la Biélorussie et la Russie. Bien entendu, les coûts de logement, d’alimentation et de soins de santé assumés par ces pays, ainsi que par les États et les villes où ces populations déplacées et à risque finiront par s’installer, seront considérables. Selon une estimation (en anglais seulement) récente, ces coûts pourraient dépasser 30 milliards de dollars seulement pour la première année.

Malheureusement, la crise migratoire ne fait probablement que commencer. Les répercussions sur les marchés d’exportation de céréales et d’engrais ukrainiens et russes, bien que ressenties dans le monde entier, sont particulièrement graves en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (ANMO), où la dépendance à l’égard de ces produits agricoles est élevée. En dépit de l’accord (en anglais seulement) récemment négocié pour reprendre les exportations de ces ressources essentielles, des dizaines de millions de personnes, qui souffraient déjà de pénurie alimentaire avant l’invasion russe en février, risquent de souffrir de malnutrition en raison des perturbations considérables infligées par la guerre à la chaîne d’approvisionnement agricole.

Nous considérons la pénurie et l’insécurité alimentaires comme un possible élément déclencheur d’une augmentation importante des mouvements de réfugiés dans la région ANMO ainsi que vers l’Europe. Les effets de cette situation sur la région ANMO pourraient se révéler principalement négatifs, notamment en ce qui concerne la réduction de la main-d’œuvre qualifiée dans certains pays et les implications en matière de droits de l’homme pour les populations déplacées à l’intérieur de la région. En Europe, bien que les répercussions à court terme puissent s’avérer négatives, ce transfert de capital humain pourrait bien entraîner des effets positifs à long terme, du fait de la contribution de ces migrants à la croissance du marché du travail, à la suite de leur intégration au sein des communautés. Ce dernier point suppose toutefois que la politique d’immigration européenne reste davantage axée sur l’accueil des migrants temporaires et des personnes cherchant à s’établir en permanence que sur un rejet nourri par un sentiment anti-immigration.

Cette hypothèse relative à la politique d’immigration européenne est au cœur de notre analyse, mais nous la traitons avec prudence. À titre d’exemple, certains partis politiques européens nouvellement victorieux affichent leurs racines néofascistes (en anglais seulement) et proposent des mesures résolument anti-immigration (en anglais seulement) de contrôles aux frontières.

En outre, au regard de l’Histoire, il est peu probable que l’accueil des populations déplacées se poursuive, en particulier après l’ampleur des flux migratoires en provenance d’Ukraine.

L’instabilité prévaut : le Printemps arabe et la crise des réfugiés en Europe

Un exemple à la fois historique et pertinent à considérer est la période du Printemps arabe. Né en 2011 en Tunisie, ce soulèvement populaire résolument opposé aux régimes autocratiques avait ensuite gagné la Libye, l’Égypte, la Syrie et le Yémen. Conséquence de la répression politique féroce qui avait suivi dans la plupart de ces pays, l’autocratie s’était renforcée au détriment de la démocratie, tandis que certains États s’étaient mués en véritables zones de guerre (la Syrie et le Yémen, par exemple). Bien entendu, investir dans de telles régions représente aujourd’hui une entreprise périlleuse. Considérons l’exemple solide de l’Égypte, dont la politique et la gestion de la dette publique ont depuis révélé de sérieux risques associés à des facteurs de gouvernance, selon nos recherches.

La répression politique qui a sanctionné le Printemps arabe a contribué à jeter les bases de la crise des réfugiés de 2015, au cours de laquelle 1,3 million de personnes avaient fui vers l’Europe. Les conflits armés étaient la principale cause de cet exode. La majorité des réfugiés avaient alors fui vers l’Allemagne, qui s’était avérée accueillante sous la direction de la chancelière de l’époque, Angela Merkel, ainsi que vers la Hongrie, la France, la Suède et d’autres pays de l’Union européenne.

Le Printemps arabe a pavé la voie à un afflux de réfugiés vers l’Europe en 2015, et leur nombre reste élevé

Nombre annuel de demandes d’asile reçues dans les pays de l’Espace économique européen et au Royaume-Uni, entre 2010 et 2021

Le diagramme à barres montre le nombre annuel de demandes d’asile reçues dans les pays de l’Espace économique européen et au Royaume-Uni entre 2010 et 2021. Après une escalade au cours des cinq premières années de cette période, le nombre de demandeurs d’asile connaît un sommet en 2015, puis diminue au cours des cinq années suivantes, mais demeure supérieur aux niveaux d’avant la crise.

Source : Eurostat, septembre 2022. L’Espace économique européen (EEE) comprend les 27 pays de l’UE, l’Islande, le Lichtenstein et la Norvège. Les données comprennent également les demandeurs d’asile au Royaume-Uni, entre 2010 et 2019. Le terme « demandeur d’asile » désigne toute personne ayant présenté une demande de protection internationale ou ayant été associée à une telle demande en tant que membre de la famille au cours de la période de référence.

Cette décision avait suscité une réaction politique brutale en Europe, presque au point d’amener les habitants de la région à élire des dirigeants protectionnistes désireux de fermer les frontières et de remodeler la politique climatique, de manière à ralentir la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, laquelle était pourtant déjà bien engagée sur ce territoire.

Malheureusement, nous pensons que la guerre en Ukraine fait peser un risque élevé et tout aussi extrême de crise politique et migratoire dans les années à venir. Les pays d’Afrique du Nord sont les plus menacés (en anglais seulement) par la pénurie de blé causée par le conflit russo-ukrainien. L’Égypte, le Soudan et la République démocratique du Congo importent respectivement 82 %, 75 % et 69 % de leur blé d’Ukraine et de Russie, tandis que la Somalie et le Bénin importent chacun l’intégralité de leur blé de l’un ou l’autre ou des deux pays belligérants. La pénurie alimentaire dans la région ANMO et le type de perturbations qui pourraient s’ensuivre appartiennent au cycle de risques associés aux facteurs sociaux et de gouvernance qui découlent de la guerre en Ukraine.

Les pays de la région ANMO connaissent la croissance démographique la plus rapide au monde. De ce fait et compte tenu des répercussions de la guerre sur ces territoires, les principaux foyers de la croissance démographique mondiale pourraient subir une aggravation rapide de la pénurie alimentaire, de la pauvreté et des inégalités sociales. La prévalence et la gravité de la sous-alimentation étant déjà bien pires en Afrique que dans d’autres régions, nous pensons que la guerre risque d’aggraver considérablement la crise humanitaire dans cette région. Selon nous, ces circonstances pourraient faire de la région ANMO la plus grande source de migration massive de la décennie actuelle.

La prévalence de la sous-alimentation est la plus élevée en Afrique

Le diagramme à barres comparatif montre la prévalence de la sous-alimentation de la population dans différentes régions du monde. Ce pourcentage est inférieur à 2,5 % en Amérique du Nord et en Europe, il passe à 9,10 % en Asie et atteint 20,20 % en Afrique. Le diagramme indique également que la population souffrant de malnutrition en Afrique devrait atteindre 278 millions de personnes en 2021 et 310 millions en 2030.

Source : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, au 31 décembre 2021. Valeurs basées sur le point médian d’une plage projetée.

Vulnérabilités en Égypte, au Ghana et au Kenya

Pour reprendre l’exemple de l’un des deux groupes de marchés émergents inclus dans notre modèle, l’Égypte présente des vulnérabilités uniques. Sur le plan du volume, l’Égypte est le plus grand importateur de blé (en anglais seulement) au monde. Cela signifie que la hausse des prix à l’importation des produits agricoles de base, tels que le blé et d’autres céréales, risque de se traduire par des tensions budgétaires que le gouvernement égyptien et la population en général auront du mal à supporter.

Comme de nombreux autres partenaires commerciaux de la Russie dans le domaine des produits de base, l’Égypte cherchera à se diversifier pour ne plus dépendre de la Russie, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. La saison des récoltes en Égypte, qui a débuté à la mi-avril, a permis aux agriculteurs locaux de constituer des réserves de blé, mais cela n’a pas suffi à empêcher la hausse du coût des aliments. Traditionnellement, le coût des denrées alimentaires en Égypte est un sujet tabou qui provoque des troubles publics, comme ce fut le cas lors du Printemps arabe et lors de nombreuses autres crises antérieures. Si les bouleversements sont suffisants, les facteurs sociaux et de gouvernance que nous mesurons sont susceptibles d’enregistrer une détérioration croissante.

Les déclassements pourraient s’accélérer

Le Ghana et le Kenya sont également d’importants consommateurs de blé, puisque cette denrée représente un tiers de la consommation de céréales de leurs populations respectives, et qu’elle est en grande partie importée. Pour sa part, le Ghana est confronté à certains défis budgétaires liés à son déficit, ce qui a incité Moody’s à dégrader sa note de crédit souverain en mars de B3 à Caa1 avec une perspective stable. Standard & Poor’s et Fitch ont ensuite décidé en août de dégrader la dette du Ghana de B−/B (S&P) et B− (Fitch) à CCC+/C et CCC respectivement, sur la base d’une évaluation négative du profil financier du pays et d’une série de pressions extérieures, parmi lesquelles l’impact de la guerre.

Sur le plan économique et du point de vue du marché, compte tenu de l’incertitude entourant l’intégrité sociopolitique et la disponibilité des produits agricoles, les notes de crédit de ces pays et d’autres pays de la région présentent un risque proportionnellement plus élevé de subir une trajectoire descendante ou de renouer avec elle. Cela limite encore plus leur accès aux marchés de la dette et leur capacité future à financer tous les aspects de leur développement, qu’il s’agisse d’infrastructures, de soins de santé, de programmes sociaux, de subventions contre la hausse des prix alimentaires, de nouveaux programmes agricoles ou de stratégies d’adaptation au changement climatique.

2 Les bouleversements énergétiques de notre époque pourraient, à terme, accélérer la transition vers une économie à faibles émissions de carbone

Outre le risque d’une crise humanitaire prolongée, le conflit russo-ukrainien a provoqué des bouleversements majeurs sur le marché de l’énergie, qui ont intensifié le problème actuel de l’inflation mondiale et entravé temporairement la transition énergétique engagée pour lutter contre le changement climatique. Toutefois, alors qu’une grande partie de l’Europe subit de plein fouet le contrecoup des restrictions énergétiques imposées par la Russie, et que les pays qui s’opposent à l’agression russe s’efforcent de consolider leurs réserves de combustibles fossiles pour assurer leur sécurité énergétique à court terme, de nombreux projets ont été lancés – notamment en Europe – en vue d’accélérer la transition mondiale à long terme vers l’indépendance énergétique. Nous estimons que les solutions envisagées à long terme pour répondre aux défis énergétiques et climatiques restent cohérentes.

Il est évident que tous les pays ne réagissent pas de manière positive à la crise. La hausse des prix de l’énergie a conduit certains gouvernements à intensifier l’exploration. Le gouvernement mexicain a ainsi adopté des mesures concrètes pour soutenir les usines fonctionnant aux combustibles fossiles, après avoir annoncé que son avenir reposait sur ces sources d’énergie (en anglais seulement), au détriment des projets d’énergie renouvelable. Peut-être pire encore, la République démocratique du Congo a annoncé cet été qu’elle allait vendre aux enchères des permis de recherche de pétrole et de gaz (en anglais seulement), en vue de transformer en zones de forage de vastes étendues de sa forêt tropicale et de ses tourbières. Cette mesure en particulier pourrait s’avérer catastrophique sur le plan des émissions de gaz à effet de serre, car elle menacerait l’un des plus importants puits de carbone et l’une des principales sources de biodiversité de la planète.

Néanmoins, le caractère urgent de la quête de sécurité énergétique pousse également les entreprises et les responsables politiques à agir plus rapidement et plus audacieusement pour envisager des solutions énergétiques jusqu’ici peu considérées.

Énergies renouvelables et énergie nucléaire : trouver des atomes crochus pour assurer la sécurité énergétique mondiale

Avec une consommation estimée entre 100 et 200 TWh, une grande partie de l’électricité utilisée par l’Union européenne est produite à partir du gaz naturel fourni par la Russie. Selon les prévisions actuelles, il s’agit toutefois d’une quantité raisonnable susceptible d’être remplacée par les énergies solaire et éolienne. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le renforcement prévu des capacités en matière d’énergies renouvelables (en anglais seulement) devrait permettre de réduire considérablement la dépendance de l’Europe à l’égard des exportations de gaz russe d’ici 2023.

Production d’électricité provenant du gaz naturel dans l’Union européenne de 2011 à 2021 et croissance de la production d’électricité provenant de sources renouvelables de 2021 à 2023

Le diagramme montre la part de la production d’électricité provenant du gaz naturel dans l’UE associée au gaz russe entre 2011 et 2021. Elle varie de 100 TWh à 200 TWh. Le diagramme montre aussi que la croissance prévue de la production d’énergies renouvelables de 2021 à 2023 est presque égale au sommet de l’écart entre les anciens paramètres. Environ deux tiers de cette croissance des énergies renouvelables devraient provenir de l’énergie éolienne; le tiers restant, environ, devrait provenir de sources photovoltaïques.

Source : AIE, Mise à jour du marché des énergies renouvelables – mai 2022 : perspectives pour 2022 et 2023. UE est l’abréviation d’Union européenne. TWh est l’abréviation de térawattheure. PV est l’abréviation de photovoltaïque.

Le renforcement des capacités à des fins commerciales en matière d’énergie solaire et de parcs éoliens connaît une croissance rapide, et l’AIE reconnaît que la mise en œuvre immédiate de politiques énergétiques sera la clé pour que l’Europe atteigne les objectifs récemment annoncés dans son plan REPowerEU.

Toutefois, aussi ambitieux que ce plan puisse paraître, le panel actuel d’énergies renouvelables – qui comprendrait l’énergie hydroélectrique, les biocarburants et les sources d’énergie géothermique – ne suffira probablement pas à assurer une transition mondiale réussie vers un modèle à carboneutralité, à en juger par l’approche des gouvernements européens. Compte tenu des réalités technologiques et des besoins en énergie de base, la réexploitation de l’énergie nucléaire est également nécessaire pour assurer une transition réussie vers un avenir à faibles émissions de carbone.

Les projets de construction ou de rénovation de réacteurs bénéficient aujourd’hui d’un accueil beaucoup plus favorable dans le monde entier, y compris dans la région Asie-Pacifique et en Europe. Comme le souligne Reuters, le Royaume-Uni, qui n’avait pas entrepris de nouveau projet nucléaire depuis des décennies, a récemment donné son feu vert au financement de deux nouveaux chantiers de ce type (en anglais seulement). Parallèlement, le gouvernement japonais, qui s’était détourné de l’énergie nucléaire après la catastrophe de Fukushima en 2011, a annoncé son intention de redémarrer ses anciennes centrales et envisagerait le développement de réacteurs de nouvelle génération (en anglais seulement). Ces derniers produisent moins d’énergie que les réacteurs traditionnels, mais leur avantage réside dans leur taille réduite, leur modularité et leur relative sécurité.

Pourtant, malgré les projets de construction de nouvelles centrales nucléaires, le déficit de ce secteur en matière de production d’électricité devrait encore se creuser, notamment en raison du déclassement des anciennes centrales et du temps et des ressources nécessaires à la mise en service de nouvelles capacités nucléaires. Comme le mentionne l’AIE (en anglais seulement) sur la base des tendances actuelles et des objectifs politiques annoncés, la capacité nucléaire en 2040 s’élèvera à 582 GW, bien en deçà du niveau de 730 GW requis dans le scénario « carboneutralité d’ici 2050 ».

Capacité nucléaire mondiale dans le scénario de carboneutralité, de 2005 à 2050

Le diagramme à barres montre l’évolution de la capacité nucléaire mondiale au fil du temps, avec des données pour 2005, 2020, 2035 (projection) et 2050 (projection). La capacité projetée comprend des données relatives à la construction prévue de nouvelles capacités nucléaires ainsi qu’au déclin du parc de réacteurs existants, qui peuvent rester en service pendant environ 60 ans. En 2035 et en 2050, l’écart se creuse par rapport au scénario de carboneutralité soumis à l’analyse de l’Agence internationale de l’énergie.

Source : AIE, Électricité d’origine nucléaire : des efforts supplémentaires sont nécessaires, 2021. GW est l’abréviation de gigawatt.

Nous pensons que les États souverains doivent penser en termes de mosaïque globale de sources d’énergie – et d’interdépendances entre les différents producteurs et consommateurs de matières premières – s’ils veulent collectivement et durablement répondre aux enjeux de la sécurité énergétique et du changement climatique.

De nombreuses solutions de production d’énergie sont envisagées pour répondre aux besoins à court terme, comme en témoignent le vif intérêt des dirigeants américains et européens pour le stockage des combustibles fossiles (en anglais seulement), la relance de certaines centrales au charbon et le renforcement des capacités d’importation européennes en matière de gaz naturel liquéfié. En conséquence, le monde se tourne une fois de plus vers certaines sources d’énergie à plus fortes émissions. Cette tendance ne devrait toutefois pas durer. En effet, les gouvernements ont pris conscience que la dépendance à l’égard des combustibles fossiles était synonyme d’instabilité des prix et d’insécurité énergétique, et que la véritable solution consistait à promouvoir des options à faibles émissions de carbone afin d’encourager les investissements, un meilleur soutien politique et la poursuite des placements dans les infrastructures électriques.

Notre modèle de facteurs ESG intègre une approche décisionnelle dynamique

Notre modèle de facteurs ESG pour les dettes souveraines associe des données antérieures provenant d’une grande variété de sources nationales, non gouvernementales et supranationales. Il s’agit d’ensembles de données innovants et dynamiques qui, selon nous, constituent une base solide pour développer nos points de vue en matière de risques associés aux facteurs ESG1, notamment pour déterminer à quel point le conflit en Ukraine transforme radicalement les risques importants à l’échelle mondiale. Nos points de vue intègrent toujours une perspective active. Nous cherchons en effet à évaluer comment les signaux de notre modèle ont évolué dans le temps et peuvent continuer à évoluer, en nous appuyant sur un jugement en matière d’investissement en temps réel basé sur une vaste expérience.

Nous pensons que l’orientation des dettes souveraines reflète la stabilité des gouvernements ainsi que la qualité de leurs programmes financés et de leurs politiques fiscales. Selon notre modèle, il s’agit des mesures adoptées pour réduire les risques associés aux facteurs sociaux et l’exposition ou l’adaptation aux risques liés aux facteurs environnementaux. Notre modèle fournit également un aperçu de la propension des gouvernements à gérer ces risques et à acquérir de ce fait une certaine résilience, ou à créer des occasions susceptibles de transformer l’économie. Les facteurs sociaux et environnementaux sont souvent révélateurs de risques systémiques. Il est donc généralement déconseillé de les négliger ou de les exclure d’un processus d’investissement qui vise à être conscient des risques. Nous pensons que ces risques gagneront en importance avec le temps, et qu’ils peuvent le faire de manière exponentielle en temps de crise.

Pour cette raison, nous tempérons notre analyse des données ESG par un jugement en temps réel. Nous, c’est-à-dire les gestionnaires de portefeuille, les analystes de titres à revenu fixe et les membres de notre équipe du Développement durable, procédons à une analyse collective des changements externes et internes importants qui influent sur la stabilité d’un gouvernement. Notre point de vue est également nuancé par les résultats de nos échanges bilatéraux menés avec les représentants des émetteurs de dettes souveraines. Le caractère dynamique et multidimensionnel de notre recherche rend notre évaluation des facteurs ESG moins tributaire des données antérieures.

Le modèle évolue au gré des changements du paysage géopolitique, en suivant l’évolution des dettes souveraines et des risques parfois très fluctuants associés aux facteurs ESG correspondants. Dans son ensemble, le modèle constitue un outil puissant et soigneusement calibré pour analyser le risque de crédit, évaluer les monnaies et élaborer des stratégies en matière de dette souveraine.

Mesure de l’exposition et de la vulnérabilité : l’analyse des facteurs environnementaux dans notre modèle de facteurs ESG pour les dettes souveraines

Comme pour les facteurs sociaux et de gouvernance, le cadre proposé par notre modèle pour comprendre les forces et les faiblesses des États souverains sur l’axe environnemental dépend de données provenant de diverses sources indépendantes. De même, notre modèle s’appuie sur un processus structuré permettant de concilier ces données avec un jugement indépendant, en particulier lorsque des bouleversements viennent perturber l’approche systématique, mais nécessairement plus lente, des données ESG.

Entrées et modifications dans notre évaluation du facteur environnemental

Le diagramme dresse la liste des principaux aspects du modèle utilisé par l’équipe pour les États souverains, notamment quant à la façon dont elle évalue le facteur environnemental. Cela comprend les facteurs environnementaux relevant de la responsabilité des États souverains, les ajustements exclusifs des données environnementales et la façon dont les notes quantitatives se répartissent en quintiles de valeur relative.

Source : Gestion de placements Manuvie, septembre 2022. GES est l’abréviation de gaz à effet de serre.

Les données sous-jacentes au modèle tiennent compte de divers facteurs environnementaux relevant de la responsabilité des États souverains, qu’il s’agisse de la gestion des ressources en eau, de l’intensité énergétique du modèle économique global, de la stratégie de lutte contre la pollution ou de la préservation des ressources naturelles et des actifs réels tels que les forêts. En parallèle, nos ajustements exclusifs nous permettent de contourner ou de préciser l’information fournie par les données, ou absente en cas de lacunes importantes. D’ici à ce que les données soient intégrées, nos spécialistes de l’investissement et nos personnes-ressources en ce qui a trait aux facteurs ESG suivent la situation en temps réel et collaborent pour anticiper les répercussions futures.

Notre analyse se concentre sur la mesure des expositions et des vulnérabilités aux dangers environnementaux et aux risques de transition liés au changement climatique. Est-ce que le pays concerné met tout en œuvre pour préparer ses infrastructures à faire face à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes, des incendies incontrôlés et des sécheresses? Ce pays consent-il des efforts pour faire évoluer son économie vers des formes de consommation d’énergie plus durables, ou adopte-t-il une approche de maintien du statu quo en ce qui concerne les émissions très fortes? Le modèle nous aide à évaluer les décisions prises par les États souverains, leurs politiques mises en œuvre ainsi que les résultats de leurs efforts visant à devenir plus résilients, ou au contraire, leur propension à ne pas considérer les risques liés au changement climatique.

Nous nous attendons à ce que notre modèle enregistre des écarts notables entre les différentes réponses des États souverains à la crise énergétique découlant du conflit russo-ukrainien. Cela pourrait permettre d’en savoir plus sur la capacité des États souverains à gérer les questions de sécurité énergétique à long terme, tout en s’adaptant au changement climatique. Au fur et à mesure que ces données seront intégrées au modèle, nous rechercherons les plus importants changements dans les notes E, S et G et nous ferons correspondre ces résultats avec les écarts et les notes de crédit des États souverains. En pratique, cela tend à révéler les déconnexions entre les notes ESG et les notes de crédit traditionnelles, ainsi que les cas particuliers associant une note ESG faible à une note de crédit élevée, et inversement.

Les risques associés aux facteurs ESG amplifient leurs répercussions mutuelles

À mesure que le conflit en Ukraine s’éternise, quels pays seront les plus résilients et les plus à même de surmonter la pénurie de produits de base, et lesquels seront les plus vulnérables face à cette crise? Qui est dépendant des chaînes d’approvisionnement mondiales pour les produits de base tels que la nourriture et l’énergie, et qui est plus isolé de ces réseaux économiques?

Le maintien à long terme de cours élevés pour les combustibles fossiles fait peut-être partie des objectifs du pétro-État russe dans sa guerre contre l’Ukraine voisine, mais les effets de cette agression se traduisent par une hyperinflation des prix de l’énergie et des denrées alimentaires dans le monde entier, ce qui rend l’objectif d’indépendance vis-à-vis des matières premières d’autant plus impératif à l’échelle mondiale.

En tant qu’investisseurs obligataires multisectoriels, nous pensons qu’il est essentiel de comprendre proactivement les risques associés aux facteurs ESG, afin d’anticiper leur dynamique changeante lorsque des écarts se creusent entre des événements géopolitiques ou des controverses majeures et des données tardives. C’est dans ces situations qu’un modèle flexible et dynamique peut aider à évaluer les changements potentiels à venir des profils de risque des crédits souverains, sujets aux fluctuations rapides.


1 Les données sur les risques associés aux facteurs environnementaux comprennent les indicateurs du développement dans le monde (en anglais seulement) de la Banque mondiale, les données de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (en anglais seulement), une organisation intergouvernementale qui soutient les pays dans leur transition vers un avenir énergétique durable, et la base de données sur les émissions pour la recherche atmosphérique mondiale (en anglais seulement), une base de données mondiale complète parrainée par la Commission européenne. Les données sur les risques associés aux facteurs sociaux comprennent les indicateurs du développement dans le monde, le Rapport annuel sur les inégalités femmes-hommes dans le monde (en anglais seulement) du Forum économique mondial et les données de l’Indice mondial de l’innovation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Les données sur les risques associés aux facteurs de gouvernance comprennent les indicateurs du développement dans le monde, ainsi que le Rapport sur le développement humain et les données du Revenue Watch Institute (en anglais seulement), de l’International Budget Partnership (en anglais seulement) et de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.
Renseignements importants

Une crise généralisée dans le secteur de la santé, comme une pandémie mondiale, pourrait entraîner une forte volatilité des marchés, la suspension et la fermeture des opérations de change, et affecter le rendement des fonds. Par exemple, le nouveau coronavirus (COVID-19) a considérablement perturbé les activités commerciales à l’échelle mondiale. Les répercussions d’une crise sanitaire ainsi que d’autres épidémies et pandémies qui pourraient survenir à l’avenir pourraient avoir des répercussions sur l’économie mondiale qui ne sont pas nécessairement prévisibles à l’heure actuelle. Une crise sanitaire peut exacerber d’autres risques politiques, sociaux et économiques préexistants. Cela pourrait nuire au rendement du portefeuille, ce qui entraînerait des pertes sur votre placement.

Les placements comportent des risques, y compris le risque de perte du capital. Les marchés des capitaux sont volatils et peuvent considérablement fluctuer sous l’influence d’événements liés aux sociétés, aux secteurs, à la politique, à la réglementation, au marché ou à l’économie.  Ces risques sont amplifiés dans le cas des placements effectués dans les marchés émergents. Le risque de change s’entend du risque que la fluctuation des taux de change ait un effet négatif sur la valeur des placements détenus dans un portefeuille.

Les renseignements fournis ne tiennent pas compte de la convenance des placements, des objectifs de placement, de la situation financière ni des besoins particuliers d’une personne donnée. Nous vous invitons à évaluer la convenance de tout type de placement à la lumière de votre situation personnelle et à consulter un spécialiste, au besoin.

Le présent document est destiné à l’usage exclusif des destinataires dans les territoires qui sont autorisés à le recevoir en vertu des lois en vigueur. Les opinions exprimées dans le présent document sont celles de l’auteur ou des auteurs. Elles peuvent être modifiées sans préavis. Nos équipes de placement peuvent avoir des opinions différentes et par conséquent prendre des décisions de placement différentes. Ces opinions ne reflètent pas nécessairement celles de Gestion de placements Manuvie ou de ses sociétés affiliées. Bien que les renseignements et analyses présentés dans le présent document aient été compilés ou formulés à l’aide de sources jugées fiables, Gestion de placements Manuvie ne donne aucune garantie quant à leur précision, à leur exactitude, à leur utilité ou à leur exhaustivité, et n’accepte aucune responsabilité pour toute perte découlant de l’utilisation des renseignements ou des analyses présentés. Le présent document peut comprendre des prévisions ou d’autres énoncés de nature prospective portant sur des événements futurs, des objectifs, des stratégies de gestion ou d’autres prévisions, et n’est à jour qu’à la date indiquée. Les renseignements fournis dans le présent document, y compris les énoncés concernant les tendances des marchés des capitaux, sont fondés sur la conjoncture des marchés, qui changera au fil du temps. Ces renseignements peuvent changer par suite d’événements ultérieurs touchant les marchés ou pour d’autres motifs. Gestion de placements Manuvie n’est nullement tenue de mettre à jour ces renseignements.

Ni Gestion de placements Manuvie, ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants et employés n’assument de responsabilité pour quelque perte ou dommage direct ou indirect, ou quelque autre conséquence que pourrait subir quiconque agit sur la foi des renseignements du présent document.  Tous les aperçus et commentaires sont de nature générale et ponctuelle. Quoiqu’utiles, ces aperçus ne remplacent pas les conseils d’un spécialiste en fiscalité, en placement ou en droit. Il est recommandé aux clients de consulter un spécialiste qui évaluera leur situation personnelle. Ni Manuvie, ni Gestion de placements Manuvie, ni leurs sociétés affiliées, ni leurs représentants ne fournissent de conseils dans le domaine de la fiscalité, des placements ou du droit. Le présent document a été préparé à titre informatif seulement et ne constitue ni une recommandation, ni un conseil professionnel, ni une offre, ni une invitation à quiconque, de la part de Gestion de placements Manuvie, relativement à l’achat ou à la vente d’un titre ou à l’adoption d’une stratégie de placement, non plus qu’il indique une intention d’effectuer une opération dans un fonds ou un compte géré par Gestion de placements Manuvie. Aucune stratégie de placement ni aucune technique de gestion des risques ne peuvent garantir le rendement ni éliminer les risques. La diversification ou la répartition de l’actif ne sont pas garantes de profits et n’éliminent pas le risque de perte. À moins d’indication contraire, toutes les données proviennent de Gestion de placements Manuvie. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs.

À propos de Gestion de placements Manuvie

Gestion de placements Manuvie est le secteur mondial de gestion de patrimoine et d’actifs de la Société Financière Manuvie. Nous comptons plus d’un siècle d’expérience en gestion financière au service des clients institutionnels et des particuliers et dans le domaine des régimes de retraite, à l’échelle mondiale. Notre approche spécialisée de la gestion de fonds comprend les stratégies très différenciées de nos équipes expertes en titres à revenu fixe, actions spécialisées, solutions multiactifs et marchés privés, ainsi que l’accès à des gestionnaires d’actifs spécialisés et non affiliés du monde entier grâce à notre modèle multigestionnaire.

Le présent document n’a été soumis à aucun examen de la part d’un organisme de réglementation des valeurs mobilières ou autre et il n’a été déposé auprès d’aucun organisme de réglementation.
Il peut être distribué par les entités de Manuvie ci-après, dans leurs territoires respectifs. Des renseignements supplémentaires sur Gestion de placements Manuvie sont accessibles sur le site manulifeim.com/institutional

Australie : Manulife Investment Management Timberland and Agriculture (Australasia) Pty Ltd, Manulife Investment Management (Hong Kong) Limited. Canada : Gestion de placements Manuvie limitée, Distribution Gestion de placements Manuvie inc., Manulife Investment Management (North America) Limited et Marchés privés Gestion de placements Manuvie (Canada) Corp. Chine : Manulife Overseas Investment Fund Management (Shanghai) Limited Company. Espace économique européen : Manulife Investment Management (Ireland) Ltd. est régie et réglementée par l’organisme Central Bank of Ireland. Hong Kong : Manulife Investment Management (Hong Kong) Limited. Indonésie : PT Manulife Aset Manajemen Indonesia. Japon : Manulife Investment Management (Japan) Limited. Malaisie : Manulife Investment Management (M) Berhad, numéro d’inscription : 200801033087 (834424-U). Philippines : Manulife Investment Management and Trust Corporation. Singapour : Manulife Investment Management (Singapore) Pte. Ltd. (société inscrite sous le numéro 200709952G). Corée du Sud : Manulife Investment Management (Hong Kong) Limited. Suisse : Manulife IM (Switzerland) LLC. Taïwan : Manulife Investment Management (Taiwan) Co. Ltd. Royaume-Unis : Manulife Investment Management (Europe) Limited, qui est régie et réglementée par l’organisme Financial Conduct Authority. États-Unis : John Hancock Investment Management LLC, Manulife Investment Management (US) LLC, Manulife Investment Management Private Markets (US) LLC et Gestion de placements Manuvie Agriculture et terrains forestiers Inc. Vietnam : Manulife Investment Fund Management (Vietnam) Company Limited.

Manuvie, Gestion de placements Manuvie, le M stylisé, et Gestion de placements Manuvie & M stylisé sont des marques de commerce de La Compagnie d’Assurance-Vie Manufacturers et sont utilisées par elle, ainsi que par ses sociétés affiliées sous licence.

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Christopher M. Chapman, CFA

Christopher M. Chapman, CFA, 

Gestionnaire de portefeuille principal et cochef, Titres à revenu fixe multisectoriels mondiaux,

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Frederick W. Isleib III, CFA

Frederick W. Isleib III, CFA, 

Directeur principal, Recherche et intégration des facteurs ESG, équipe ESG

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Christopher N. Smith, CFA, CAIA

Christopher N. Smith, CFA, CAIA, 

Analyste principal en investissement, Équipe des titres à revenu fixe multisectoriels mondiaux

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Elina Theodorakopoulou

Elina Theodorakopoulou, 

Gestionnaire de portefeuille, Titres de créance des marchés émergents

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